Communiqué Journée internationale des droits des femmes

8 mars 2021

Les lois pour institutionnaliser l’égalité des droits entre femmes et hommes ont été nombreuses ces dernières décennies. Nous ne pouvons que saluer les avancées concrètes que cela a apporté dans la vie des femmes en France.

Les droits des femmes ont avancé indubitablement… mais bien lentement malgré les lois et les voix nombreuses qui s’élèvent et qui s’activent.

Les inégalités persistent. Pour un salaire « équivalent temps plein », les hommes touchent en moyenne un salaire supérieur de 20,3 % à celui des femmes (*).

La valeur des métiers du service et du soin, très majoritairement féminins, a encore été démontrée dans cette période de crise sanitaire. Néanmoins ils restent dévalorisés, tant en terme de reconnaissance sociale qu’en terme de salaires.

La juste place et la réelle valeur accordée à la parole féminine sont encore des sujets de luttes quotidiennes pour certaines d’entre nous.

Mais peu de femmes relatent le dénigrement (voire l’humiliation) auquel elles se trouvent confrontées quand elles veulent faire entendre leur parole et leurs idées.

Ainsi, trop de personnes ignorent encore la réalité des plafonds de verres, la bataille pour les prises de parole, le combat pour la reconnaissance de ses idées, projets, propositions par rapport aux hommes.

Le pire est sans doute de constater que trop nombreuses sont les femmes qui empruntent les comportements de domination pour entrer dans les cercles de pouvoir.

Combien élèvent, éduquent encore leurs enfants avec ces injonctions de réussite pour les garçons, de service pour les filles ? Combien reproduisent, même inconsciemment, les stéréotypes de sexe ?

Combien d’hommes se sentent dévalorisés s’ils envisagent un métier de service ? Combien de femmes s’empêchent d’accéder aux sciences ? De moins en moins certes, mais encore une majorité. En 2021, la bascule n’est pas faite.

La parité est un outil, utile mais insuffisant. Il est indispensable de mener également une bataille culturelle.

D’abord au travers de la formation ; dans une municipalité comme Palaiseau, cela veut dire multiplier les informations, sensibilisations de tous les acteurs de la collectivité tout au long de l’année avec un objectif 100 % formés en 2022.

La transparence effective et médiatisée de l’application de l’égalité dans tous les secteurs des collectivités territoriales est un autre axe d’amélioration accessible à une municipalité. Les lois existent mais des secteurs entiers préfèrent malgré tout s’y soustraire.

Rendre publics les chiffres des rapports sur l’égalité sur notre territoire montrerait une réelle volonté d’amélioration.

Cela passe également par l’action sur les marchés publics. Imposer de ne plus avoir de publicité sexiste dans un contrat publicitaire est un exemple qui permettrait d’inciter à la prise de conscience des diffuseurs et éviteraient une propagation du sexisme auprès des citoyen·nes.

(*) Observatoire des inégalités – données de 2018

Parmi les 600 mesures proposées par CEPAL :

  • Veiller à la parité femmes / hommes dans les différentes instances de la ville.
  • Établir un diagnostic partagé en début de mandat sur la situation de l’égalité et de la lutte contre les discriminations à Palaiseau, pouvant déboucher sur la création d’un observatoire, des actions et la mise en place d’un suivi.
  • Créer un observatoire ou conseil de l’égalité femmes / hommes pour poser le diagnostic de la situation réelle, élaborer les actions correspondantes et rapporter sur leur mise en œuvre en lien avec un rapport annuel de la municipalité sur le sujet.
  • Créer un poste d’adjoint au Maire délégué à l’égalité femmes/hommes et à la lutte contre les discriminations.
  • Mise en place d’une politique de lutte contre toutes les discriminations (sexe, genre, religions, quartiers, niveaux sociaux, etc.).
  • Étudier la création d’une permanence de signalement et traitement des cas de discrimination.
  • Mettre en place des actions spécifiques vis-à-vis des femmes en situation de précarité.

Violences faites aux femmes

  • Coordonner dans la durée l’action de tous les intervenants dans le champ de la lutte contre les violences faites aux femmes.
  • Créer un lieu d’accueil, adapté aux situations d’urgences et de détresse, avec une permanence 24/7, pour permettre l’écoute et l’orientation vers des aides, et des solutions de logement adaptées pour répondre à ces situations.
  • Analyser et consolider si besoin les liens entre les associations et les services publics pour une plus grande efficacité.
  • Faire un état des lieux et si besoin créer des lieux d’accueil temporaires dédiés vis-à-vis des trois publics concernés : la personne en danger, la personne violente, les enfants et la famille. L’analyse des éventuels besoins est évidemment à mener avec les associations.
  • Mobiliser, en lien avec les acteurs sociaux, les professionnels de santé et associations, pour mener des actions de sensibilisation, de prévention et de détection.
  • Informer et sensibiliser le grand public.
  • Informer et former les agents municipaux et notamment la police mais aussi dans les écoles, les lieux publics et les entreprises du territoire.

Solidaires et républicains : nous sommes tous enseignants !

Dimanche 18 octobre 2020 


L’assassinat barbare d’un enseignant d’histoire-géographie de Conflans-Sainte-Honorine, ce vendredi, est une attaque contre tout ce qui fonde notre pacte républicain : nos valeurs essentielles, à commencer par les libertés de penser, d’expression, et la laïcité ; mais aussi l’Éducation nationale, premier véhicule de ces valeurs par sa mission de formation à l’esprit critique et à la citoyenneté.
Nous sommes évidemment, face à cette tragédie, solidaires de la famille de Samuel Paty, de la communauté éducative du collège du Bois-d’Aulne, des élèves et collégiens, de l’ensemble des enseignant·es et de toutes et tous les démocrates qui, comme nous, sont choqués par cette attaque ignoble.
Notre devoir, face à l’idéologie radicale et extrémiste que constitue ce fanatisme islamiste, est de puiser dans ce drame une volonté plus forte encore de défendre ce à quoi nous croyons.
Ce devoir est aussi, avant tout, celui de nos institutions républicaines. C’est pourquoi, par le biais de nos élu·es au Conseil municipal, nous avons dès vendredi pris contact avec Monsieur le maire, à qui nous avons demandé hier d’organiser dans les meilleurs délais une manifestation publique pour affirmer la mobilisation de la municipalité, et permettre à l’ensemble des Palaisiennes et des Palaisiens de manifester à à cette occasion leur émotion et leur soutien.
Nous sommes conscients, comme Monsieur le maire nous l’a indiqué, de la difficulté à mettre cela en œuvre dans le contexte de distanciation sociale, mais d’autres communes ont trouvé des solutions. Il est impensable que Palaiseau ne fasse pas de même.
Nous nous associons par avance à toute manifestation de ce type, et encourageons toutes les Palaisiennes et Palaisiens dont nous partageons l’émotion à trouver les gestes d’expression de l’unité républicaine. Nous participerons également à la manifestation prévue ce dimanche à 15h Place de la République à l’appel de plusieurs syndicats enseignants, lycéens et étudiants, de SOS Racisme ou encore de l’association “Dessinez Créez Liberté”. 
Face à la barbarie, nous affirmons plus que jamais notre attachement aux valeurs républicaines comme aux vertus de l’éducation laïque, de la culture et du débat démocratique.

Solidaires, citoyens et plus que jamais engagés, “nous sommes tous enseignants”.

Lettre au maire à propos de la réduction à une élue de la représentation de l’opposition au CA du CCAS

Palaiseau, le 7 octobre 2020

Monsieur le Maire,
Nous avons pris connaissance avec colère mais sans surprise de votre décision de remplacer Mme Mathilde Ermakoff, élue de l’opposition démissionnaire, par Mme Martine Évêque, élue de la majorité, au sein du Conseil d’administration (CA) du Centre communal d’action sociale (CCAS).
Nous protestons vivement contre cette décision contraire à l’esprit démocratique des institutions municipales.
Vous avez beau jeu de vous réfugier, comme vous aimez le faire pour ne pas assumer la nature politique de vos décisions, derrière l’application stricte des dispositions réglementaires. Formellement, le fait que l’opposition n’ait déposé qu’une liste de deux noms lors de l’élection de ce CA, au cours de la séance du Conseil municipal du 2 juin 2020, alors que la majorité a pris la précaution de déposer une liste complète de sept noms à pourvoir vous en donne le droit.
Vous connaissez cependant les circonstances de cette élection.
D’une part, vous avez fait pour votre second mandat le choix politique de procéder au dépôt de listes séparées de la majorité et de l’opposition, là où lors du précédent mandat, il nous semble qu’une liste unique avait été déposée et élue, comportant deux élus de l’opposition dont Anne Duceux. Lors de la démission de cette dernière, elle avait naturellement été remplacée par une autre élue de l’opposition en la personne d’Anick Mellina.
D’autre part, vous nous avez vous-même incités à ne présenter qu’une liste limitée au nombre de personnes a priori éligibles pour l’opposition. Nous avons joué ce jeu d’une désignation concertée des représentants du conseil municipal, non seulement au CA du CCAS mais dans l’ensemble des autres instances. Ainsi, par efficacité, nous n’avons pas multiplié les candidatures à toutes les instances là où l’opposition ne pouvait pas avoir de représentant et nous n’avons présenté que le nombre éligible de candidats communs à l’opposition, selon une répartition concertée entre ses composantes, là où l’opposition pouvait avoir des représentants.
Votre choix de vous saisir de la situation pour réduire la représentation de l’opposition au CA du CCAS à la seule présence de notre élue, Mme Claire Pinto, est peut-être conforme au règlement de cette instance mais il est indigne de l’esprit démocratique que vous prétendez incarner, et ce d’autant plus compte tenu des circonstances rappelées ci-dessus.
Nous sommes donc extrêmement choqués de ce nouveau coup porté à la représentation et aux droits de l’opposition municipale, en réduisant sa présence dans une seconde instance, après votre décision de ne pas renouveler la présence d’un élu de l’opposition au Comité technique. Il s’inscrit plus largement dans la continuité des attaques incessantes contre la capacité d’intervention et d’expression de l’opposition, d’autant plus vives depuis le début de votre second mandat.
Nous constatons une fois de plus que vous ne souhaitez pas expliciter publiquement vos choix. Ainsi, lorsque je vous ai interrogé lors de la réunion du Conseil municipal du 21 septembre 2020, à l’occasion de la délibération désignant M. Nicolas Bussière dans les commissions municipales, sur les modalités de remplacement de Mme Mathilde Ermakoff au CA du CCAS, vous m’avez évasivement répondu que cela pourrait être traité lors d’une prochaine séance du Conseil. Aujourd’hui nous sommes en droit de penser que vous aviez déjà pris la décision de la remplacer par Mme Martine Évêque, et que vous m’avez menti par omission ce jour là, ainsi qu’à l’ensemble des élu·es et des citoyen·nes de Palaiseau.
Vous avez le pouvoir de procéder différemment, et de faire le choix démocratique de maintenir la présence de deux élu·es de l’opposition au CA du CCAS, dont nous sommes tous conscients qu’il a une mission d’autant plus importante à remplir dans la crise que nous traversons.
Nous vous demandons aujourd’hui de reconsidérer les conséquences de votre décision et de faire ce geste d’ouverture démocratique que nous serons les premiers à saluer.
Cordialement,

Yves Marignac,
conseiller municipal, président du groupe Citoyens engagés pour Palaiseau,


Claire Pinto,
conseillère municipale, membre du groupe Citoyens engagés pour Palaiseau,
membre du Conseil d’administration du Centre communal d’action sociale,


Laurent Caro,
conseiller municipal, membre du groupe Citoyens engagés pour Palaiseau,

Christine Maupas,
conseiller municipal, membre du groupe Citoyens engagés pour Palaiseau.