Tribunes

Tribunes CEPAL parues dans le Palaiseau Mag’

Avril 2021

Transition écologique : poudre aux yeux ou réalité ?
Début mars, le conseil municipal vous a conviés à l’ouverture des
Assises de la transition écologique. L’opposition n’a pas été sollicitée
pour son organisation, un mauvais début pour impliquer l’ensemble
des Palaisien·nes sur le sujet. Ces assises risquent d’être un nouveau
leurre pour verdir les actions de la majorité. Elles ressemblent fort à
la Convention citoyenne pour le climat lancée par le Gouvernement :
une opération de communication qui accouche de propositions
au rabais et sans ambition. Nos propositions dans ce domaine
sont nombreuses : régie agricole communale bio pour les cantines,
récupération des eaux de pluie et fourniture d’électricité 100 %
renouvelable dans les équipements communaux, mesures pour réensauvager
la faune et la flore des espaces ouverts, zone piétonne
dans une partie du centre-ville, augmentation de l’offre des lignes 1
et 14, un·e élu·e et des moyens pour l’économie sociale et solidaire.
Nous avons besoin d’un changement radical de manière de penser
et d’agir qui considère l’urgence climatique comme boussole
guidant l’ensemble des politiques publiques, et qui ne laisse
personne au bord du chemin.

Mars 2021

Santé et proximité: quelles solutions ?
Il y a peu, pour se soigner à Palaiseau, il suffisait de consulter le
Guide de la ville. Aujourd’hui, avec la désertification médicale et le
“tout numérique”, se soigner devient de plus en plus difficile !
Face à cette situation, une volonté politique et la conviction que
la santé doit être un service public accessible à toutes et tous
sont nécessaires. La crise épidémique rappelle plus que jamais
l’importance du système de soins. Le conseil municipal a enfin voté
en février la réalisation d’un état des lieux de l’offre et du recours
aux soins dans notre commune pour faire émerger des solutions
locales, demande inscrite dans notre programme.
Nous souhaitons que ce diagnostic soit l’occasion de consulter
pleinement les Palaisien·nes sur leurs attentes, de les informer
sur le schéma régional de santé IDF (prévention, parcours de soins
du généraliste à l’hôpital) et sur les structures sanitaires locales
envisageables. Un centre municipal de santé satisferait à la fois
patient·es et professionnel·les de santé.
La fermeture des hôpitaux de proximité de Longjumeau, Orsay et
Juvisy au profit de services privés et d’un unique établissement
public sur le plateau de Saclay ne répondra pas aux besoins de la
population.

Février 2021

Quels conseils de quartier voulons-nous ?
La Charte des conseils de quartier les définit comme « instances
consultatives de participation citoyenne, afin de permettre aux
Palaisiens de s’impliquer dans la vie locale ». C’est aux participant·es
de fixer l’ordre du jour et de les présider. Tout l’opposé de leur mise
au pas de plus en plus marquée par l’actuelle majorité qui, en début
d’année, a expédié les cinq conseils de quartier en visioconférence
avec ordre du jour de son choix et autoritarisme. Le décalage entre
des informations municipales a posteriori et sélectionnées et les
questions des habitant·es réitérées parce que laissées sans réponse
est de plus en plus flagrant.
Pour renforcer le rôle des conseils de quartier, il faut :

  • améliorer leur représentativité en facilitant leur accès (prendre en
    charge les gardes d’enfants par exemple),
  • augmenter leurs missions et compétences par des formations
    à la démocratie locale, au budget municipal, à l’urbanisme et des
    consultations en amont des décisions,
  • affecter 10 % des investissements de la Ville à leurs propositions,
    avec une réunion publique préalable au vote du budget municipal,
  • créer un forum citoyen sur le site de la Ville afin que chacun·e
    puisse participer à la vie municipale.

Décembre/Janvier 2020/2021

Ensemble refaire lien en 2021
2020 s’achève dans une situation d’urgence qui n’en finit plus
avec des conséquences qui impactent toujours davantage nombre
de Palaisien·nes. Insidieusement, la crise est aussi le prétexte à
des lois de plus en plus liberticides, selon des processus de plus
en plus autoritaires. Cette dérive se reflète à Palaiseau avec un
maire-manager gouvernant de plus en plus seul, assis sur une
communication permanente et superficielle. Ses priorités sont
claires : le béton de prestige au centre-ville et sur le plateau
plutôt que le ciment social ; son image plutôt que des actions de
solidarité. D’autres communes avoisinantes ont mis en place des
mesures concrètes pour aider les citoyen·nes dans cette crise – aide
aux familles, lieu spécifique pour se faire tester, comme à Chilly-
Mazarin, Massy ou Morangis – mais il les refuse. Refaire du lien
entre les Palaisien·nes en temps de Covid est possible, avec les
services publics qui ont montré toute leur utilité, les associations et
l’indispensable gouvernance avec tou·tes les acteur·rices de la vie
locale. C’est plus que jamais nécessaire ! Pour l’heure, nous vous
souhaitons chaleureusement, malgré les circonstances, de bonnes
fêtes de fin d’année et une meilleure année 2021.

Novembre 2020

Grave recul de la démocratie à Palaiseau
L’année 2020 s’achève et restera dans les mémoires celle de la
COVID 19, avec beaucoup de contraintes, de tristesse. A Palaiseau,
dès sa réélection, le maire a saisi l’opportunité de cette situation
exceptionnelle pour passer la démocratie à la trappe!
Exit l’adjoint au maire à la démocratie locale et le service du
même nom, exit le stand des conseils de quartier au Village des
associations, disparus du paysage depuis un an. Ce ne sont pas les
permanences qui viennent d’être créées dans les quartiers qui vont
inverser la tendance. Les élus minoritaires au conseil municipal
(CM) affrontent cette volonté de tout maitriser. Les commissions
préparatoires du CM qui devraient être des instances de travail entre
élus sont très cadrées et les questions souvent jugées une perte de
temps par la majorité. La révision du règlement intérieur du CM fut
l’occasion pour le maire de faire voter par sa majorité la réduction
des prises de paroles, des possibilités de questions orales, etc. Pour
les minorités du CM, pas de représentant au Comité technique de la
ville et un seul au CCAS, la liste des reculs s’allonge, Palaisien.nes, il
est urgent de sauver la démocratie !

Octobre 2020

Souriez, vous êtes divertis !
Les carnets de saison passent et se ressemblent… La saison
culturelle fait une nouvelle fois la part belle à l’humour et au
divertissement – et c’est heureux ! Mais qu’on est loin d’une
véritable politique culturelle.
Derrière la volonté de “divertir” (du latin divertere, détourner des
problèmes quotidiens) se cache un renoncement à “cultiver” (aider
chacun à se construire). Pourtant, cette culture est un lien capital
pour faire société.
Nous déplorons par exemple la faible part accordée aux cultures
urbaines, au jeune public et à la petite enfance. Nous regrettons
l’absence d’une action culturelle étoffée dans les quartiers et
dans le champ scolaire. L’accès à la culture passe aussi par une
tarification adaptée à tous les budgets : pourquoi ne pas redistribuer
les places invendues ?
M. le maire maîtrise l’art subtil de l’illusionnisme. Il évoque
“l’atmosphère conviviale et bienveillante au service d’une expression
libre, incarnée et respectueuse de tous”, lui qui a organisé la
destruction du Ferry, lieu de création plein de sens, démantelé
le festival Aoutside et réduit ou supprimé de nombreuses
manifestations culturelles présentes dans la ville. Chapeau l’artiste !

Septembre 2020

Des priorités à contre-sens !
La rentrée intervient, socialement et économiquement, dans des
conditions plus que jamais difficiles.
La communication du maire sur le budget voté en juillet n’en est
que plus insupportable. Le « redressement des finances », qui n’en
est pas un, ne doit pas cacher les véritables priorités de la majorité.
À ce jour, les travaux du parking souterrain de l’Îlot 10 ont dérapé de
1 300 000 €, à 2 209 480 € – une hausse non contenue de 70 % en
16 mois ! L’installation de la vidéosurveillance et de la Maison de la
tranquillité a coûté 2 085 000 €, fonctionnement non compris ! Et ce
n’est pas fini.
Ces dépenses, qui ramènent la ville à un niveau d’endettement sans
précédent depuis 2015, sont autant qui ne peut être investi sur le
terrain social et écologique. Nous l’avons dénoncé, et nous avons
plaidé pour les familles, lourdement impactées par la crise, qui sont
les grandes oubliées de la politique budgétaire post-Covid de la
Ville. Sans succès.
Le « monde d’après », plus protecteur et plus juste, n’est pas
pour demain à Palaiseau. Nous souhaitons, malgré ces conditions
difficiles, une bonne rentrée à toutes et tous.

Juillet / Août 2020

Les promesses et les actes
Cette tribune d’été est usuellement légère, mais la Covid-19 laisse
des traces durables. Nos pensées vont à toutes les victimes et à leurs
proches. Nous remercions les soignant·es et celles et ceux qui ont
permis de surmonter cette épreuve.
Impossible aussi d’oublier l’abstention du 15 mars et le déficit
démocratique dans lequel elle plonge ce mandat.
Loin d’une réponse politique adaptée aux nouveaux enjeux, c’est
l’inverse qui se produit. Plus de jolis discours : le maire, sourd aux
craintes légitimes des riverains, a fait de l’abattage des 13 tilleuls du
Ferry, sur le chantier du futur conservatoire dont le lieu est irréfléchi,
le symbole d’une politique fermée aux enjeux écologiques et à toute
concertation. Son 13è adjoint est en charge “de l’urbanisme durable et
de la stratégie foncière” : la seconde l’a déjà emporté…
Nous abordons ce mandat, que nous voulons exigeant, constructif,
vigilant et bien sûr au service des Palaisien·nes, dans un esprit de
gravité.
En cette période de vacances, où nous n’oublions pas les personnes qui
subissent les conséquences économiques et sociales de la crise, nous
vous souhaitons un bel été.